Pas de gouvernement, des agences de notation méfiantes, mais un pays qui va bien.

 26. květen 2011  Mathieu Detaille   komentáře

Enfin ! Après presqu’une année de tergiversations, la Belgique a... un formateur. C’est, en principe, un grand pas vers la formation d’un gouvernement. En effet, comme nous l’avons déjà vu, quand le Palais royal désigne un formateur gouvernemental, c’est qu’il y a un consensus suffisant dans la classe politique pour engager les négociations finales pour la formation d’un gouvernement.

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Enfin ! Après presqu’une année de tergiversations, la Belgique a... un formateur. C’est, en principe, un grand pas vers la formation d’un gouvernement. En effet, comme nous l’avons déjà vu, quand le Palais royal désigne un formateur gouvernemental, c’est qu’il y a un consensus suffisant dans la classe politique pour engager les négociations finales pour la formation d’un gouvernement. A la fin de cette négociation, le futur gouvernement présente un projet de gouvernement au Parlement, qui vote ou non sa confiance. Sans cette confiance du Parlement, le gouvernement ne peut exercer son pouvoir. C’est d’ailleurs cette primauté parlementaire qui a permis au gouvernement d’affaires courantes de fonctionner jusqu’à maintenant a.

Puisqu’aujourd’hui en Belgique, tout est résolument complexe, rien n’est gagné. Si d’ordinaire l’entrée d’un formateur signifie qu’un nouveau gouvernement va entrer en fonction, ce n’est pas le cas cette fois. Les éditorialistes soulignent que la mission du formateur Elio Di Rupo (PS, socialiste) est difficile, quoique possible 1. On a vu au cours de l’année écoulée tous les écueils rencontrés pour trouver une once d’accord. Petit à petit, des points de convergence ont été trouvés, la pression internationale et des milieux financiers aidant. Reste qu’Elio Di Rupo doit trouver la formule magique qui arrivera à mettre tout le monde d’accord afin de pouvoir devenir Premier ministre 2, fonction qui revient traditionnellement au formateur. Il serait le premier francophone à ce poste depuis 30 ans 2.

Ce qui est moins dit dans les journaux, et qui pourtant découle automatiquement de la mission de formateur qui vient de débuter, c’est que c’est l’ultime possibilité de mettre un gouvernement sur selle – à moins d’une nouvelle formule alchimique dont les Belges ont le secret. En effet, le terme de formateur ayant toujours été attribué au futur Premier ministre, un échec durant la période de formation renvoie à des élections, car à ce stade il serait ressenti comme un aveu d’impuissance du futur gouvernement. Les issues de secours resteraient à inventer. Le quotidien La Libre évoque par exemple un prolongement des affaires courantes jusqu’aux élections locales de 2012, auxquelles on adjoindrait des élections fédérales 3. Néanmoins, un tel échec suivi d’élections serait un nouveau drame sociopolitique dans un pays qui en a déjà subi trop depuis 4 ans.

A présent, les plus impatients sont en fait les milieux financiers, qui faute d’avoir besoin de comprendre, attendent la stabilité nécessaire au bon fonctionnement de l’économie. Plusieurs agences de notation font pression sur la Belgique pour qu’elle trouve une issue à la crise. Après Standard & Poor’s, c’est Fitch, qui menace de passer sa notation de « stable » à « négative » 4 en raison de la crise politique.  Mais à vrai dire, au Plat pays... on s’en moque. C’est en substance ce que dit le ministre actuel des Finances 5, Didier Reynders (MR, centre droit). Certes, il souhaite un gouvernement le plus vite possible, mais il ajoute que « nous sommes en train de faire mieux que les objectifs européens ». Les éditorialistes économiques confirment son analyse, et vont jusqu’à dire que l’économie belge n’a besoin pas d’un gouvernement 6.

Constant étonnant : une crise existentielle qui dure, une communauté internationale et des agences financières qui n’y comprennent rien et qui s’inquiètent, mais un pays qui va bien. En effet, tous les principaux indicateurs sont bons voire excellents. Car les déclarations de Reynders s’ajoutent à d’autres données ou faits qui contrastent avec un pays en crise.

Selon l’OCDE 7 (Organisation de coopération au développement économique, OECD en anglais), la Belgique est 1ère en Union européenne en ce qui concerne l’habitation, car la plupart des Belges sont propriétaires de leur logement et possèdent plus de 2 pièces par personne. Elle est 2ème, derrière le Luxembourg, en ce qui concerne le niveau des salaires, taxes déduites. Par ailleurs, le Belge épargne près de 20% de ses revenus 8, ce qui signifie que chaque Belge dispose en moyenne de 18 885€ sur compte en banque 9. Ces trois paramètres sont essentiels pour la stabilité d’une économie.

D’un autre point de vue 7, elle est 1ère du monde en temps disponible pour soi, avec 16,62 heures par jour, alors que le temps de travail y est dans la moyenne européenne. Le point noir est le taux d’emploi, car seuls 62% des Belges en ont un, là où les Néerlandais, premiers européens sont 75% à travailler. Elle est cependant la 5ème meilleure au monde pour la productivité au travail, accompagnée des deux autres pays du Benelux 10. Enfin, l’éducation et la sécurité personnelle sont malheureusement le talon d’Achille de la Belgique, étant tout juste dans la moyenne de l’OCDE.

Enfin, la vitalité socioculturelle reste bonne pour la taille du pays. Notamment grâce au cinéma, dont la qualité est reconnue internationalement 11, au théâtre, au tennis ou au cyclisme.

Ces différents paramètres, dans l’ensemble positifs, additionnés à la structure de l’État a et un certain fatalisme expliquent sûrement le calme relatif des Belges face aux problèmes majeurs rencontrés au niveau fédéral.

Bibliographie :

1. Comme cet éditorial du quotidien flamand Het Nieuwsblad, publié dans Le Soir : http://www.lesoir.be/debats/chroniques/2011-05-19/dix-conseils-a-elio-di-rupo-841035.php
2. Voir le portrait de References, hebdomadaire de l’emploi :
http://www.references.be/carriere/di-rupo-t-il-le-profil-dun-premier-ministre
3. Voir La Libre :
http://www.lalibre.be/actu/elections-2010/article/658964/elio-di-rupo-le-decompte-est-lance.html
4. Voir Le Soir :
http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-05-24/reynders-relativise-l-avertissement-de-fitch-841788.php
5. Voir Le Figaro :
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/05/24/97002-20110524FILWWW00501-la-belgique-relativise-les-menace-de-fitch.php
6. Voir l’analyse de Trends, décriée ensuite par les autres journaux et la classe politique :
http://trends.rnews.be/fr/economie/opinion/chronique-economique/l-economie-belge-a-t-elle-vraiment-besoin-d-un-gouvernement/opinie-1195002352724.htm
7. Voir OCDE :
http://www.oecdbetterlifeindex.org/countries/belgium/
8. Voir Trends :
http://trends.rnews.be/fr/economie/actualite/banque-et-finance/le-belge-epargne-20--de-ses-revenus-disponibles/article-1194746849161.htm
10. Voir Le Soir :
http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-01-17/la-belgique-perd-deux-places-au-classement-des-pays-les-plus-productifs-815243.php
11. Voir La Libre :
http://www.lalibre.be/culture/cinema/article/658918/forte-representation-belge-au-festival-de-cannes.html
a. Voir billet précédent

Odpovědná redaktorka: Selma Hamdi

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Titulní obrázek převzat z: http://www.sxc.hu/photo/467791

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Detaille, Mathieu. Pas de gouvernement, des agences de notation méfiantes, mais un pays qui va bien. [online]. E-polis.cz, 26. květen 2011. [cit. 2017-12-15]. Dostupné z WWW: <http://www.e-polis.cz/clanek/pas-de-gouvernement-des-agences-de-notation-mefiantes-mais-un-pays-qui-va-bien.html>. ISSN 1801-1438.

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